La communication pour le développement : cinq recommandations pour l’emploi de la culture

Dans les années 1990, on a pu assister à une montée en puissance du phénomène de « Communication pour le Développement », résumé par l’acronyme anglo-saxon C4D (C for D). Les agences de coopération bilatérales belges, françaises, anglaises et scandinaves ont largement fait appel à ce genre de pratiques dans le but d’accompagner les campagnes de sensibilisation entourant des projets aussi variés que la construction d’une route rurale, l’aménagement de points d’accès à l’eau potable ou encore la lutte contre le VIH/sida. L’emploi de la culture, en tant que moyen de communication, s’est peu à peu imposé comme un vecteur efficace pour transmettre des messages et susciter des échanges auprès des populations bénéficiaires. (...)

Programmation culturelle pour un développement urbain durable

Il s’agit ici de contribuer au débat sur le rôle que peuvent et pourraient jouer les politiques culturelles pour favoriser un développement urbain durable. Lorsque l’on utilise ce concept dans le cadre de la « sphère urbaine », il est important de se rappeller que toute ville représente une entité complexe qui est constituée d’au moins cinq dimensions. Si l’on accepte le fait qu’une ville comprend ces cinq éléments, il serait réducteur d’envisager uniquement les aspects environnementaux du développement urbain durable. C’est pourquoi ce concept doit, dans le cas qui nous occupe, être lié à la notion de "développement humain" qui se conçoit comme un processus permettant aux personnes d’élargir leurs choix et de développer les capacités humaines nécessaires pour réaliser des activités productives et être actifs dans les sphères culturelles, sociales et politiques. Cette analyse se concentre sur la réalisation, par des politiques culturelles, de « bridging policies » (des politiques jetant des ponts….) et illustre les domaines dans lesquels les politiques d’environnement urbain durable et les politiques culturelles se rejoignent. (…)

Les divisions imaginaires ou réelles de l’Europe

LES DIVISIONS IMAGINAIRES OU RéELLES DE L’EUROPE,
Cette analyse cherche à explorer la manière dont les obstacles à l’intégration politique et culturelle à l’Europe sont accrus par des obstacles imaginaires qui se focalisent sur des débats réels existant dans différentes communautés de la périphérie de l’Europe, mais aussi par des données empiriques relatives au passage des frontières, aux éléments de communication culturelle comme aux politiques de « diplomatie culturelle » à l’intérieur de l’espace européen. Notre but est de déterminer les raisons pour lesquelles les communautés exclues n’ont toujours pas accepté le raisonnement des politiques culturelles basées sur le territoire et continuent à être obsédées par les politiques culturelles fondées sur l’ethnicité. Pourquoi le citoyen reste-t-il moins important que le compatriote quel que soit l’endroit où il vit, et pourquoi les territoires « nationaux » imaginaires (traditionnellement les territoires politiquement perdus) sont-ils davantage présents dans le discours culturel que le territoire sur lequel l’Etat contemporain s’est actuellement développé et envers qui est-il responsable ? (…)

EPHEBE, une boîte à outils pour la culture et la citoyenneté

La Fondation Hicter a lancé en juin 2007 le projet Ephebe avec le soutien du programme « Europe pour les Citoyens ». Ephebe avait pour objectif de fournir une « boîte à outils » méthodologique utile à tout organisme, public, privé ou associatif, s’intéressant aux rapports entre culture et citoyenneté. Avant d’entamer la description des activités menées par le projet, il est sans doute nécessaire de poser quelques balises théoriques permettant de circonscrire son champ d’action. (…)

Développement territorial : vers de nouveaux modes de coopérations entre culture et économie

Depuis bientôt 10 ans, la Fondation Hicter est engagée dans un projet de réflexion et d’action de développement transfrontalier avec le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, la Province de Flandre- Occidentale et la CfWB (www.lead-network.org). Lead a pour objectif de dépasser les échanges de pratiques et de diffusion d’informations et de créations. Il souhaite soutenir les opérateurs culturels de cet espace dans la mise en place de coopérations exigeantes et s’inscrivant dans une logique de territoire en redéfinition. Le projet Lead et ses activités sont devenus pérennes. Mais, de nombreuses interrogations et défis sont aussi apparus lors de sa réalisation, notamment à propos de la place de la culture dans le processus de développement d’un territoire transfrontalier et l’accompagnement des opérateurs dans la mise en œuvre de projets répondant à cette logique. Les partenaires ont donc préconisé l’établissement d’une plateforme eurorégionale d’ingénierie culturelle. Ce projet a également ouvert des débats sur les modes de coopération entre opérateurs de la culture et de l’entreprise ainsi que le rôle des pouvoirs publics pour favoriser les partenariats intersectoriels. Nous voulons dans ce papier prolonger la réflexion sur ces coopérations et, si certaines pistes étaient jugées porteuses, initier un projet pour les mettre en action. (…)

Vers une politique culturelle européenne ?

Durant le colloque « Porto Go Fone » qui s’est tenu à Porto en décembre 2007, un débat riche et stimulant a eu lieu. Il tournait autour des mots clés suivants : culture, Europe et politique culturelle. Je n’essayerai pas de faire un compte-rendu synthétique des débats des deux derniers jours. Je ne voudrais pas, non plus, servir de simple « miroir » de ce qui s’est dit, souvent avec un grand engagement personnel. Je voudrais, plutôt, servir de témoin à deux jours d’interactions très fructueuses entre des acteurs culturels qui, malgré des divergences d’opinion, ont en commun le même amour pour la culture, pour l’Europe et pour le théâtre. Je serai un témoin volontairement subjectif qui, bien qu’ayant été à l’écoute de ce qui a été dit et bien qu’ayant pris en considération la plupart des documents mis à ma disposition, a déconstruit et reconstruit tout cela à partir de ses propres savoirs et expériences. Aussi voudrais-je proposer ici un itinéraire, à partir des mots-clés de nos discussions, sans oublier évidemment le théâtre, comme finalité et viatique sur cet itinéraire. (…)

Deux éclairages contrastés d’enjeux et d’impacts culturels

Il est parfois intéressant d’analyser des actions ou des « états » culturels et de société qui – à première vue – se situent à mille lieues l’une de l’autre. Les mettre en regard peut déclencher un court-circuit mental qui permet une vision décalée, une mise en perspective différente de sa manière de penser et d’agir. Tel est, nous semble-t-il, le cas de ces deux exemples qui ont été présentés dans le cadre des Rencontres d’Archimède à Cluny, les 28 et 29 août 2008. (…)

Perspectives pour les politiques culturelles

« Quels sont les changements auxquels nous sommes confrontés par la politique culturelle actuelle ? Quelles sont les perspectives ? Que peut-on attendre de la rénovation du service public ? » Pour Robert Abirached, la politique culturelle française se trouve aujourd’hui à la fin d’un cycle, commencé à la fin de la 2e Guerre mondiale, fondé sur la démocratisation culturelle, sur une conception définie du service public et sur une culture populaire comme enjeu essentiel de l’action culturelle publique. Le bilan qu’il dresse, tout en reconnaissant les avancées indéniables, est assez critique : effets pervers de l’institutionnalisation, par une hiérarchie artistique instituée, par des réseaux de copinage, par une attitude de patronage de la part des autorités publiques, par des abus extravagants des subventions au nom de l’art (des rémunérations et des subventions complètement déconnectées des conditions socio-économiques). Il en résulte une diminution de la solidarité entre artistes et entre acteurs culturels et une inertie totale devant les coups portés au système. Robert Abirached a fait aussi plusieurs propositions pour refonder et relancer la politique culturelle (…).

Formation et métiers de la culture pour le développement culturel local

Je voudrais aborder le thème qu’on m’a proposé à partir de trois étapes, largement subjectives, mais qui permettent – me semble-t-il – de caractériser les tendances générales concernant l’évolution des politiques culturelles au niveau des villes et l’évolution subséquente de la problématique de la formation aux métiers de la culture : (…)

Le rôle de la culture dans le développement européen - Interaction entre politiques culturelles, opérateurs culturels et secteur économique

Il peut sembler trivial de parler de changement de société. C’est en effet, souvent le cas. Cependant, depuis les années 90, nous assistons à une accélération considérable de la cadence et de l’ampleur des changements. Nous sommes, par exemple, passés d’un monde figé sur une bipolarisation militarisée vers une réalité multipolaire en permanent rééquilibrage. (…)

Construire l’égalité entre hommes et femmes dans le secteur culturel

Un travail de longue haleine.

Courant 2007, la Fondation a lancé avec le soutien du programme Fonds social européen et de la Commission communautaire française (Cocof), le projet Artémis : Regard sur l’accès des femmes à des postes de décision dans le secteur culturel en Communauté française. Une étude, disponible sur le site de la Fondation Hicter , retrace l’ensemble de la démarche mise en place pour la réalisation de ce projet, ses résultats et ses conclusions. Ces conclusions ont permis d’identifier différentes pistes qui devraient trouver un prolongement afin de poser les bases d’une politique genre dans le secteur. Ce sont ces perspectives d’actions, recontextualisées, que nous vous présentons dans ce papier. Elles ont servi de base de prolongation au projet Artémis dans le cadre de l’appel à candidature du programme Compétitivité du Fonds social européen . (…)

Est-ce que ca va ?

Du théâtre dans les rues de Kinshasa, Mbuji Mayi et Lubumbashi, une expérience de création artistique pour le développement. - « Est-ce que ça va ? » crie le comédien jouant le rôle du Tata Mapassa. - « Non, non, ça ne va pas ! », répondent en chœur les comédiens. - « Si ne ça ne va pas, ça doit changer ! Et ça va changer grâce à qui ? » renchérit le Tata Mapassa. - « Grâce à moi, à toi, à lui, à elle et à nous tous ! » conclut le chœur, rejoint par le public. (…) Ce spectacle s’inscrit dans une initiative de communication basée sur le théâtre d’action sociale menée par la compagnie Tam-Tam durant les mois de février et mars dans plusieurs communes de Kinshasa mais aussi de Mbuji Mayi et de Lubumbashi. Son objectif ? Conscientiser et mobiliser les communautés bénéficiaires des interventions du Programme d’Urgence de la CTB. (…)

Influence des projets culturels sur le développement durable des collectivités

Dans le cadre d’une réflexion globale sur la culture et le développement durable, deux études préalables ont tenté de repérer les liens entre projet socioculturel de développement et préservation de l’espace public tout comme leur contribution au développement du capital social et culturel d’un territoire. Les auteurs ont souhaité achevé leur triptyque par l’étude des éléments contenus dans les projets culturels communautaires qui concourent au développement durable de la collectivité. (…)

La décentralisation culturelle en Afrique

En 2006, en marge du FITEB (Festival International du Théâtre du Bénin) s’est tenu un forum sur le financement de la culture en Afrique qui a provoqué, entre les artistes du continent réunis, le constat suivant. Le regard porté sur les initiatives culturelles africaines s’est jusqu’à présent presque exclusivement formé autour d’approches révélatrices de deux siècles de prédominance occidentale. Certaines ont disparu dans le temps. D’autres se sont maintenues et juxtaposées aux plus récentes pour établir un corpus de références hybride sur base duquel les pratiques culturelles africaines sont perçues, jugées, réprouvées ou soutenues. Ces constructions intellectuelles occidentales possèdent encore un effet marquant sur la réception et la production des œuvres des créateurs africains contemporains. Elles ont été et demeurent encore largement déterminées par des mouvements de pensée occidentaux. Sans souci d’exhaustivité, les différents protagonistes de cette réflexion en ont identifié plusieurs.