Photographies des projets Théâtre à l’école

La Chambre des Théâtres pour l’Enfance et la Jeunesse (CTEJ) consacrera prochainement un numéro spécial aux animations théâtre à l’école. Elle souhaite ainsi initier une réflexion sur les pratiques en la matière.
Aussi la CTEJ a souhaité faire appel à l’expérience de la FMH en
accompagnement de projet culturel en école dans le cadre du programme Anim’Action et projets d’école pour obtenir une photographie du paysage théâtral en milieu scolaire et un portrait de ceux qui le dessinent d’après les enjeux éducatifs actuels.
Cette analyse propose de partir des enseignements tirés de l’expérience du programme Anim’action pour dégager les tendances à l’œuvre dans la méthodologie de travail et les conditions de réussite de tels projets dans les écoles bruxelloises d’aujourd’hui. (...)

Bruxelles et la question interculturelle

« No Culture can live if it attemps to be exclusive » Mahatma Gandhi « Dialogue is a way to explore the roots of many crisis that face the humanity today. Hierarchy has no place for dialogue » David Bohm

La question interculturelle est une notion très en vogue actuellement. L’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, clamait dernièrement que le « dialogue entre les cultures et les peuples n’avait jamais été aussi urgent qu’aujourd’hui ». En effet, la plupart des grandes métropoles européennes doivent faire face à une population multiculturelle, phénomène accru par l’immigration légale et clandestine. Bruxelles fait partie de ces villes très attractives du fait de la présence des institutions européennes et internationales, de l’offre culturelle, elle peut être terre d’asile pour certains, eldorado économique pour d’autres. Elle accueille des populations en quête d’un avenir meilleur ou celles venues prendre des emplois hautement qualifiés. Cette variété de migrations génère tensions et questionnements, notamment sur la capacité de ces villes à absorber cette diversité tout en maintenant une bonne cohésion sociale. (...)

Créativité à l’école : mode d’emploi

A l’heure où l’espace urbain bruxellois se dualise socialement, où 34,5% des jeunes Bruxellois de 15 à 24 ans se retrouvent exclus du monde économique, l’école devrait avoir pour mission d’apporter aux jeunes de nouveaux modèles de vie. La version revisitée de la stratégie de Lisbonne a revu à la hausse l’importance de l’éducation et de la formation pour la croissance et l’emploi. Le récent rapport KEA , quant à lui, met en évidence la créativité comme aptitude essentielle à l’innovation et interroge les liens entre la culture et les arts d’une part et la créativité d’autre part dans leur capacité à la stimuler.
Selon eux, la créativité devient LA compétence incontournable à développer pour contribuer activement à l’innovation économique et sociale et s’épanouir pleinement dans l’ère de la société de la
connaissance. (...)

Bruxelles sous tension

Le développement urbain face aux enjeux de l’interculturalité

Contrairement à d’autres capitales comme Paris ou même Londres, Bruxelles peut se targuer de garder intra-muros une population culturellement et sociologiquement très diversifiée. En janvier 2007, elle comptait 283.527 personnes d’origine étrangère (pour 870.862 ressortissants inscrits dans les registres nationaux). Cette immigration a plusieurs facettes, elle est composée de travailleurs immigrés, de leurs enfants et petits-enfants, de fonctionnaires européens, des expatriés travaillant dans des multinationales, de demandeurs d’asile politiques, de réfugiés économiques, de sans-papiers. (...)

Formation à la gestion des projets de coopération culturelle

Analyse de la demande et contenus des formations

Les effets de la globalisation et l’impact des nouveaux médias exigent des connaissances et des capacités diversifiées des opérateurs culturels.
Simultanément, ceux-ci doivent être attentifs aux nouvelles mesures de politiques économiques et culturelle, étant donné qu’elles peuvent influencer les règles du jeu pour le secteur culturel. Dans le domaine de la formation à la gestion culturelle comme dans ceux des études supérieures artistiques et de formations aux politiques culturelles, des efforts sont faits pour répondre aux nouveaux besoins et concepts, parmi lesquels les capacités interculturelles sont éminemment importantes, quels que soient les carrières envisagées par les étudiants. (...)

Projets interculturels participatifs : leur mise en oeuvre dans le cadre du réseau Oracle

Les projets participatifs considèrent les communautés non comme de simples espaces géographiques mais comme des lieux enrichissants, comportant des habitants d’origines sociales et culturelles diverses, qui ont constamment besoin de s’adapter à des nouvelles réalités écologiques, économiques, sociales et culturelles. Ces projets sont fondés sur trois éléments clés : la création de partenariats impliquant divers acteurs dans la communauté, l’usage de la médiation comme moyen premier pour engager et développer un dialogue continu et enfin l’utilisation d’espaces publics pour lancer des activités qui cherchent à promouvoir l’intégration des habitants et des initiatives politiques progressistes. Ces projets mettent en contact des individus et des groupes de telle manière que cela contribue à partager l’art et la culture grâce à un accès ouvert à tous les citoyens intéressés. (...)

De la dualisation du système scolaire bruxellois à la dualisation du marché de l’emploi

Regard sur le potentiel créatif des actions interculturelle

Bruxelles est une ville multiculturelle accueillant une diversité à la fois riche et complexe. En janvier 2007 elle comptait près 300.000 étrangers, issus d’une immigration variée : certains sont venus pour occuper des emplois hautement qualifiés dans les organisations internationales, des demandeurs d’asile viennent à la recherche d’une protection juridique et économique, il y a les clandestins et d’autres encore attirés par le rayonnement artistique de la ville. (...)

La dimension scolaire du plan culturel bruxellois : un enjeu d’éducation permanente

L’expérience d’Anim’action

Les écoles jouent un rôle important dans le façonnement du projet culturel et politique d’un territoire en transmettant les valeurs qui le constituent et en formant les futurs citoyens à participer au projet de société. Elles se placent dès lors comme médiatrices d’une culture qui évolue. A l’heure des propositions avancées par le RAB/BKO pour un Plan culturel pour Bruxelles , force est de constater qu’elles ne peuvent y contribuer pleinement. Plusieurs raisons expliquent cette situation. (...)

Formation à la gestion des projets de coopération culturelle en Europe : les méthodes actives

La formation à la gestion de projets de coopération culturelle est fort à la mode ces dernières années. En effet, le besoin s’en fait de plus en plus sentir notamment sous l’effet de l’intégration européenne d’une part, et d’autre part, pour répondre aux compétences spécifiques requises par la gestion de projets réalisés dans le cadre de coopérations culturelles imposées par de nombreux programmes européens.
Il s’avère donc intéressant d’analyser les modèles de formation à
l’œuvre actuellement ainsi que l’utilisation de méthodes actives de formation. (...)

Culture, soutien de l’Etat et économie

Dans un contexte marqué par une crise économique majeure, l’utilisation de fonds publics pour le soutien aux activités culturelles peut paraître secondaire. Au vu de l’évolution de la dette publique dans de nombreux pays d’Europe occidentale il est même légitime de se demander si ce soutien ne risque pas, à terme, de se voir remis en cause. Sans même envisager un scénario aussi noir, il peut être intéressant d’analyser certaines des motivations pouvant légitimer cette forme de soutien public. Les arguments de nature économique se retrouvent régulièrement
mis en avant tant par des opérateurs culturels que par des acteurs du monde politique. Cette petite note vise d’une part à présenter la nature de ces arguments et d’autre part à proposer une courte synthèse de la recherche académique sur le sujet. (...)

Notes de lecture :
Jean Hurstel :"Une nouvelle utopie culturelle en marche ?"

Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe
Editions de l’attribut, 2009

NOTES DE LECTURE SUR :
JEAN HURSTEL : « UNE NOUVELLE UTOPIE CULTURELLE EN MARCHE ? » ESSAI SUR UNE AUTRE VISION DE L’ACTION CULTURELLE EN EUROPE

C’est à l’occasion du 50e anniversaire de la création du ministère de la Culture en France que Jean Hurstel, ancien directeur de « La Laiterie » à Strasbourg et qui préside actuellement « les Halles de Schaerbeek » à Bruxelles et le réseau européen « Banlieues d’Europe », nous présente, sous une forme théâtrale dialoguée entre un « auteur » et un « acteur » , la tragi-comédie vécue par les acteurs de la culture dans leur cheminement cinquantenaire. L’auteur, à travers une analyse subjective et décapante de 50 ans de politique culturelle en France essaye de
répondre à un paradoxe : d’un côté, nous voyons un édifice culturel français ébranlé et fragilisé (et certains, comme Jean-Michel Djian, parlent, concernant la politique culturelle en France, de « la fin d’un mythe »). Mais, d’un autre côté, jamais la culture n’a joué un rôle aussi important, comme « secteur » et comme dimension de l’économie, du social, des relations internationales et du développement durable. (...)

Culture et développement durable : vers un nouveau paradigme ?

Les économistes ont longtemps cru que les secrets du développement tenaient en quelques principes universels qu’il suffisait d’appliquer vertueusement. Pendant au moins deux décennies, le « consensus de Washington » et les « plans d’ajustement structurel » furent le credo de nombre d’experts du développement. Entrés en crise à la fin des années 1990, ces principes cèdent peu à peu la place à une nouvelle constellation intellectuelle, plus humble et plus curieuse de la diversité du monde. Aujourd’hui, plusieurs courants de recherche repartent en quête de la lutte contre la pauvreté et d’un développement qui soit humain et durable. Ils sont surtout caractérisés par leur volonté d’inscrire les politiques de développement dans leur contexte – et notamment dans leur contexte culturel -, de comprendre les logiques d’action des individus en situation de pauvreté et de partir de ces logiques d’action pour renforcer les capacités des individus et des institutions et d’aboutir à des résultats évaluables et durables. (…)

Afrique, le choix des arts et des cultures pour le développement : un pari sur le temps

La culture est, dans ses composantes essentielles comme les savoir-faire, les arts, le patrimoine culturel, l’éducation et les sciences, le lieu où une société se comprend, se projette et s’analyse. En sous-tendant la manière dont nous structurons notre société, elle détermine le potentiel, les possibilités, le style et le contenu du développement économique et social. Par sa force créative et son potentiel d’innovation, ainsi que par le rôle essentiel qu’elle joue dans les processus de changement et de préparation de l’avenir, la culture mérite pleinement une place au centre des stratégies et des processus de développement, comme élément associé aux politiques d’éducation, de santé, de protection de l’environnement, de l’aménagement du territoire ou du développement économique et social. (…)

Evolution des réseaux culturels en Europe : enjeux et tendances

La mise en réseau des opérateurs culturels date de la nuit des temps. Elle a toujours constitué un point fort du monde culturel partout dans le monde. L’organisation, en revanche, de réseaux structurés au niveau européen est plus récente. Le plus ancien, et toujours actif est, sans doute, TransEurope Halles.
(…) Le phénomène TransEurope Halles a montré que des opérateurs tout à fait isolés dans leur ville, dans leur pays, pouvaient gagner des batailles difficiles s’ils pouvaient compter sur le soutien et la solidarité de leurs collègues, locaux, bien sûr, mais aussi et surtout d’autres pays. La culture est, en effet, un secteur fragile, peu puissant politiquement et – dans la plupart des cas – sous financé. On a pu remarquer que la visibilité offerte par un soutien international pouvait jouer un rôle crucial en cas de problème et/ou de projet à faire passer. Ceci, non seulement pour "exister" au niveau des décideurs, mais aussi pour sortir d’une spirale d’isolation et de sentiment d’impuissance des porteurs de projets. (…)

L’avenir du développement culturel passe par des politiques partagées

La politique culturelle a longtemps été une activité réservée aux gestionnaires culturels du secteur public, sous le patronage du Ministre de la Culture et en fonction de l’idéologie du parti politique que celui-ci représentait. Désormais seules des « politiques partagées » sont légitimes dans le monde contemporain. L’enrichissement mutuel complémentaire des chercheurs et des acteurs politiques provenant des trois secteurs public, privé et société civile a une influence bénéfique sur la création de nouvelles normes plus démocratiques en matière d’élaboration de politiques. Le pouvoir élu, le pouvoir expert et les forces socialement responsables ont bien une approche différente du processus d’élaboration de politiques. Mais leur synergie contribue sans nul doute à la primauté de la « politique culturelle axée sur le territoire » par rapport à la « politique culturelle axée sur la construction communautaire » (construction ou « rêve » de nation).