Politique culturelle et acteurs socioculturels à Bruxelles Ville

Accès à la culture des jeunes enfants issus de milieux défavorisés

D’après les récentes études démographiques de Bruxelles, le centre-ville bruxellois attire une population très jeune. De plus, “les quartiers affichant les pourcentages d’enfants les plus élevés coïncident largement avec les quartiers défavorisés en région bruxelloise, essentiellement composés d’une population de migrants à faible pouvoir d’achat”.
Cette constatation nous amène à nous poser la question suivante : de quelle manière cette jeune population (entre 6 et 12 ans) a-t-elle accès, d’une part, aux événements culturels organisés à Bruxelles et, d’autre part, à son patrimoine et à son héritage culturels.

Systèmes éducatifs nationaux et apport de la culture à l’école

1/2 Evaluation et facteurs de réussite des systèmes éducatifs à l’échelle internationale

Les résultats Pisa 2009 concernant la lecture viennent d’être publiés. La Corée et la Finlande occupent à nouveau les premières places. La Belgique francophone n’a pas à rougir des résultats de ses jeunes : 8e position des pays OCDE en lecture, 4e position européenne pour les mathématiques et malheureusement juste dans la moyenne des pays OCDE pour les sciences. Il est à noter également que les résultats des élèves francophones belges sont en hausse, excepté pour les sciences, comparativement à l’enquête Pisa précédente, ce qui constitue un élément encourageant pour notre système éducatif.
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Systèmes éducatifs nationaux et apport de la culture à l’école

2/2 Ecole et culture : Finlande versus Communauté française de Belgique

A l’heure où le paysage scolaire en Communauté française est agité par la remise en cause du socle des compétences, le décret inscription, le malaise du corps enseignant,… les résultats Pisa 2009 de ses élèves sont encourageants. Notre système éducatif reste néanmoins parmi les systèmes les plus inéquitables des pays participants. Le système éducatif finlandais, quant à lui, occupe obstinément le peloton de tête des systèmes éducatifs des pays de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) depuis le démarrage des enquêtes Pisa en 2000, interpellant de nombreux acteurs de l’enseignement, belges et français notamment, à la recherche de solutions pour continuer à améliorer les performances de leurs élèves. Aux yeux de beaucoup d’acteurs du champ culturel et éducatif, l’apport de la culture à l’école est indéniable et doit donc être renforcé.
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Les politiques culturelles dans les pays arabes : enjeux émergents,professions émergentes,...

1/4 Concepts et développement des politiques culturelles

Le séminaire destiné aux gestionnaires culturels arabes, organisé par Al Mawred al Thakafy en 2004, a permis de soulever la question suivante : est-il réellement nécessaire de connaître la politique culturelle nationale d’un pays pour y fonctionner comme opérateur culturel ? Réponse unanime des gestionnaires culturels arabes à l’époque : « Pas vraiment ! Il n’existe pas de « politique culturelle » dans le monde arabe ! »

Cependant, un an plus tard, certains d’entre eux se sont mis à chercher et à compiler des informations concernant ce monde inconnu, complexe, à plusieurs niveaux et multisectoriel que sont les politiques culturelles dans leurs pays. Il s’est avéré que pour permettre leur évolution professionnelle et pour introduire une planification stratégique dans leurs organisations (indépendantes), il fallait une connaissance adéquate des systèmes institutionnels existants, des cadres légaux, des mécanismes de financement et de soutien de la coopération culturelle internationale. La découverte de différentes couches au sein des politiques publiques (villes, régions, jeunesse et enseignement, etc.) a sérieusement incité les opérateurs culturels à développer davantage la sensibilisation et à créer des conditions de mise en place de politiques culturelles ascendantes dans tous les domaines où les instruments d’État font défaut ou sont insuffisants.
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Les politiques culturelles dans les pays arabes : enjeux émergents,professions émergentes,...

2/4 Complexité des politiques culturelles : un cadeau « empoisonné » de l’Histoire ?

La majorité des ministres arabes de la culture ont beau se préoccuper de politiques identitaires, il est évident que les identités culturelles nationales sont complexes et se recoupent, à cause de plusieurs facteurs historiques et géographiques. Les Arabes qui se sont installés dans différentes régions de la Méditerranée y ont trouvé différents peuples et cultures et différents processus d’acculturation se sont donc mis en place au cours de l’histoire. De nouveaux occupants ont envahi ces territoires par la suite (Empire ottoman, colonisateurs européens, etc., ce qui a eu un impact décisif sur les modèles culturels. Voilà pourquoi l’identité culturelle arabe est si complexe et différenciée en fonction des régions et des pays. Même si la culture et la création culturelle contemporaine sont explicitement fondées sur la langue arabe et l’islam en tant que religion centrale, « La région arabe islamique », les différences se présentent tant dans la culture populaire traditionnelle que dans la nouvelle culture littéraire de l’élite cultivée.
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Les politiques culturelles dans les pays arabes : enjeux émergents,professions émergentes,...

3/4 Diversité des modèles de politiques culturelles dans les pays arabes

On ne peut identifier de modèles majeurs de politique culturelle qu’en procédant à l’analyse de tous les acteurs du secteur, dont les politiques culturelles peuvent être tant implicites qu’explicites. Les pouvoirs publics constituent les facteurs décisifs, mais les universités, centres touristiques, communautés religieuses, la société civile et bien d’autres qui n’apparaissent pas au premier abord, comme les communautés immigrées à l’intérieur ou à l’extérieur du pays (diaspora), peuvent également jouer un rôle important. Même la présence d’une population de réfugiés ne constitue pas simplement un facteur de stabilité ou d’instabilité, mais aussi une force politique influençant le système de valeurs, ainsi que les politiques et les pratiques culturelles locales (Said, 2003 : 16).
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4/4 Acteurs culturels émergents et diversité des populations

Outre les États et les organisations multilatérales, il existe d’autres acteurs importants en matière de développement de politiques culturelles et de gestion culturelle. Les efforts de l’UNESCO visant à ouvrir le débat public sur la question de la diversité culturelle ont été renforcés par des activités du monde associatif agissant comme secteur de résistance non organisé. Cette culture de contestation est particulièrement importante, même si elle concerne généralement des associations et des mouvements issus de minorités ethniques. Des organisations qui luttent pour les droits humains de manière plus générale font encore souvent défaut. A la suite de ces mouvements de résistance, le secteur public, et plus particulièrement au niveau des villes et régions, a dû introduire la notion de diversité culturelle de manière plus « systémique », tant dans leur politique culturelle que dans la vie culturelle. Malgré leur manque d’autonomie, les autorités municipales et régionales disposent d’un réel pouvoir par rapport aux organisations indépendantes, au point d’être en mesure de se réapproprier de bonnes idées provenant du monde associatif, comme, entre autres, des festivals qu’ils soient de groupes folkloriques ethniques ou d’autres.
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Quelle gouvernance pour la culture et le secteur culturel ?

1/5 Définition, cadre d’analyse et pistes de réflexion

Que l’on parle de management d’entreprise, de coopération au développement, de relations internationales ou encore de politique culturelle, le terme de « gouvernance » semble prendre, surtout depuis les années 1990, une importance grandissante tant dans le débat public que dans les stratégies et politiques adoptées aux niveaux local, national et international. Naviguant entre le monde des experts et celui des universitaires, entre vecteur d’analyses novatrices et simple déclinaison de l’idiome libéral, entre la conception d’un instrument technique de gestion et celle d’une vision citoyenne de la démocratie, ce « mot-valise », ce buzzword, est néanmoins devenu aujourd’hui un paradigme incontournable pour les politiques de développement économique, social et culturel, voire un vecteur de formulation d’un droit, national et international, nouveau.
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Quelle gouvernance pour la culture et le secteur culturel ?

2/5 Approche historique et portée politique et sociale de la gouvernance culturelle

Si parler de « gouvernance culturelle » semble être un phénomène assez récent, la problématique plus générale de la gouvernance ou du « bon gouvernement » remonte loin dans l’histoire et retrouve même des racines africaines.
Prenons trois exemples qui ont exercé – et qui continuent à le faire – une grande influence sur le vivre-ensemble des régions concernées
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Quelle gouvernance pour la culture et le secteur culturel ?

3/5 Approche par la coopération au développement et les relations internationales

C’est à partir des années 1990 que la Banque Mondiale, pour tenir compte de la mondialisation qui se développe et de l’échec plus ou moins relatif des politiques d’aide au développement, parle de gouvernance et de « bonne gouvernance ». Alors que les recettes traditionnelles des institutions de Bretton-Woods tablaient sur les ajustements structurels, sur la privatisation et sur la dérégulation, la nouvelle orientation prise insiste sur l’importance d’un Etat efficient et de services publics efficaces, notamment en matière de santé et d’éducation. L’OCDE et son Comité d’Aide au Développement (CAD/DAC) y ajoute, à partir de 1993, l’Etat de droit, la lutte contre la corruption, la réduction des dépenses militaires, le développement participatif, la démocratisation et les droits de l’homme. S’il y a apparemment une rupture avec le dogme néolibéral de marché, la devise centrale reste celle d’une « efficiency through competition », de réformes gestionnaires et de l’établissement de conditions favorables pour l’économie privée, ainsi que la mise en place de politiques économiques et financières stables, orientées vers le développement et favorables au marché.
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Quelle gouvernance pour la culture et le secteur culturel ?

4/5 Approche par la société du savoir et les TIC (technologies de l’information et de la communication)

Société de l’information, société de la connaissance, société post-industrielle et post-moderne, société d’abondance et société de consommation, société en réseaux, capitalisme informationnel, capitalisme numérique : les concepts ne manquent pas pour traduire une évolution de nos sociétés, dans les cinquante dernières années, dont nous ne maîtrisons guère les aboutissements, mais dont un certain nombre de caractéristiques s’affirment un peu partout, au moins dans les pays « développés » et en émergence
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Quelle gouvernance pour la culture et le secteur culturel ?

5/5 Gouvernance, enjeu des politiques culturelles

Les politiques culturelles apparaissent, un peu partout dans le monde, en crise : crise de contenus (et d’objectifs), crise structurelle, crise de gouvernance (et de processus de mise en œuvre).
Alors qu’on attend beaucoup (trop ?) de la politique culturelle, notamment pour les impulsions qu’elle devrait donner à d’autres politiques (telles que la coopération au développement et les relations internationales, le développement économique, la justice sociale, l’éducation, l’aménagement du territoire, etc.), elle semble faire face à un triple dilemme
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Notes de lecture :
Michel Quévit :« Flandre-Wallonie quelle solidarité ? »

De la création de l’Etat belge à l’Europe des Régions
Aux éditions Couleur livres, 2010

C’est en réaction à la déclaration de Jean-Marie Dedecker à un journaliste français du journal Le Point en décembre 2008 que Michel Quévit, professeur émérite de l’UCL et éminent spécialiste de l’approche multidisciplinaire du développement régional en Europe, décide de mener à bien cet ouvrage. En effet, le moment est crucial pour l’avenir non seulement de l’Etat belge mais également de l’Europe qui a fait de la solidarité entre les territoires, la clé de voûte de sa politique de cohésion et qui voit l’émergence de politiques nationalitaires centrifuges dans certains Etats membres.
Confronter les faits au discours nationaliste ambiant, c’est l’arme que l’auteur a choisi d’utiliser face aux clichés sur la Wallonie répandus dans l’opinion publique flamande.
Son analyse fouillée remonte aux sources de l’Etat belge en 1830 et nous montre au fil du temps comment les aides au développement économique ont été réparties entre les deux régions, révélant une réalité qui dépasse de loin ce à quoi la plupart des Wallons et des Flamands s’attendent.
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Capitale Européenne de la culture et politique culturelle

Le “cas” d’Istanbul et de la Turquie

Capitale culturelle européenne : un concept pour fédérer qui ne vaut que s’il se situe dans un cadre élargi et volontariste.
Le statut de capitale culturelle européenne est un titre attribué, pendant un an, à une ville européenne. L’attribution de ce titre a été lancée le 13 juin 1985 par le Conseil des ministres de l’Union européenne à l’initiative de la ministre grecque de la Culture, Melina Mercouri et du ministre de la Culture français, Jack Lang, dans le but de rapprocher les citoyens de l’Union européenne, de faire avancer les politiques culturelles des pays membres et de renforcer la dimension européenne de la culture.
Istanbul est, depuis le 16 janvier 2010, capitale européenne de la culture. Cet événement, qui a été inauguré par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, implique une lourde responsabilité et constitue un énorme défi pour la Turquie qui est candidate à l’Union européenne.
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