Au cours de ces dernières décennies, un nombre
considérable de textes officiels, chartes,
recommandations et déclarations en tout genre ont vu le
jour dans le cadre des politiques culturelles des pays
en voie de développement. Ces multiples exhortations à
la prise en compte du facteur culturel - dans toutes
ses formes – dans les efforts conjoints pour donner aux
pays du Sud leur place sur la scène mondiale de la
culture et du développement - semblent toutefois avoir
produit peu d’effets concrets. (…)
Le caractère particulièrement hybride de ce qu’on
appelle les industries culturelles n’est pas neutre
dans la difficulté éprouvée actuellement par les
chercheurs, les acteurs du marché créatif et les
pouvoirs publics à s’accorder sur une définition
consensuelle de ce que pourrait être cet ensemble
d’activités complexes. (…)
Le rôle des arts et de la culture au sein du
développement local et régional des territoires a été
négligé à la fois dans la théorie et la pratique du
développement durable. Cependant, en considérant les
pratiques culturelles comme le noyau de création d’une
« communauté », nous souhaitons vérifier si la
contribution des arts et des projets culturels joue un
rôle important pour l’établissement de relations
durables de qualité entre les différents groupes qui
composent une population. Cette étude interroge la
capacité de projets interculturels à construire des
expériences communes aux populations d’un territoire et
à contribuer au développement du capital social et
culturel devant garantir l’aspect durable et la qualité
du développement. (…)
Les processus de développement territorial ont
privilégié le développement économique basé sur les
investissements et initiatives privés au détriment des
infrastructures publiques. C’est dans l’immédiat
après-guerre et jusque dans les années 60 que les
pouvoirs publics ont stimulé la construction
d’infrastructures publiques, culturelles ou autres
(maison de la culture, équipements intégrés, centres
d’arts, etc.) de façon décentralisée. Désormais les
investissements majeurs en matière d’équipement
culturel concernent des espaces de prestige ou liés à
la mémoire nationale (Musée juif, Berlin) ou à des
politiques nationales de représentation (Musée du Quai
Branly). (…)
La Fondation Hicter a entrepris d’analyser le secteur
européen de la formation à la gestion de projets de
coopération. Pour ce faire, elle a demandé à Milena
Dragicevic Sesic d’étudier un nombre conséquent de
programmes de formation actifs dans le secteur et a
interviewé une douzaine de responsables de programmes
mettant en œuvre des méthodologies innovantes. Cette
analyse reprend quelques-uns des résultats de sa
recherche. (…)
Sans critiquer la manière dont la ratification du
nouveau Traité de Lisbonne va être effectuée par les
parlements des 27 Etats membres de l’Union européenne,
il est encore tôt pour voir comment l’idée de
citoyenneté européenne peut être définie et peut
s’appliquer. Le modèle politique européen manque pour
l’instant de symbolique et d’ambition politique. Or les
exigences européennes provenant du processus de
Lisbonne exercent depuis 2000 une pression très élevée
sur les systèmes nationaux d’éducation et de formation
pour créer le citoyen européen de demain. Ce dernier
est celui qui sera capable de relever les défis posés
par la mondialisation et ceux inhérents à une nouvelle
économie fondée sur la connaissance . Ainsi la
citoyenneté européenne ne dépendrait pas de l’obtention
de droits politiques, sociaux et culturels permettant
de participer à un territoire européen encore mal
appréhendé (selon qu’on le considère d’après la
culture, la géographie ou la politique) ou à une
société hétérogène mais davantage de la capacité des
individus à y participer. (…)
A l’heure où les difficiles négociations entre les
représentants politiques belges menacent la stabilité
du pays voire de l’Europe , les citoyens semblent bien
démunis pour revendiquer leur vision pacifique et
participer à l’évolution de la situation. L’absence de
moyens légaux alternatifs pouvant dégeler la situation
place la population dans un état d’attente interminable
et dans un insupportable sentiment d’immobilisme.
Cependant on voit apparaître de nombreuses initiatives
spontanées de citoyens, d’habitants (pétition et marche
pour l’unité, conférence improvisée, distribution et
exposition de drapeaux), souhaitant faire entendre leur
voix et rappeler à leurs dirigeants le fondement
pacifique qui ont animé leur vote de juin dernier . (…)
Ces mouvements peuvent être perçus comme autant de
stratégies collectives imaginées pour répondre à
certains besoins non solutionnés par les pouvoirs
publics. Quelles sont donc leurs conditions de
naissance, leurs caractéristiques et leurs
significations à l’heure d’aujourd’hui ? Que reflètent
ces mouvements d’expression circonstanciés ?
Traduisent-ils de nouvelles manières de participer à la
chose publique, d’être citoyen au XXIe siècle ?
Sont-ils porteurs de valeurs nouvelles de solidarité ou
reflètent-ils l’égoïsme porté par le fameux phénomène
NIMBY ? (…)
Cette analyse présente la méthodologie initiée par les
partenaires dans le cadre du projet Artémis. L’objectif
n’est en rien de présenter un modèle, une recette
clé-sur-porte, mais de montrer les opportunités
offertes par des programmes de soutien européens à la
mise en place de projets influençant le développement
de politiques aux effets concrètement liés aux concepts
de citoyenneté, de démocratie culturelle ou d’éducation
permanente. (…)
Bruxelles se caractérise par une offre culturelle riche
et variée, résultat de la diversité de sa population.
Le secteur des arts et du patrimoine est dès lors
reconnu comme un atout majeur pour le développement
économique et social de la Région bruxelloise. Le
document de programmation opérationnelle du Fonds
social européen («Compétitivité régionale et emploi» -
Troïka Wallonie-Bruxelles) mentionne les différents
effets multiplicateurs que le secteur culturel peut ou
pourrait avoir sur les plans économique, social et
éducatif à Bruxelles. Toutefois, s’il produit des
retombées positives, il présente également certains
freins qui en limitent l’exploitation optimale. Dans le
document de programmation opérationnelle, nous avons
relevé trois facteurs de compétitivité pouvant être mis
avant : le renforcement de l’attractivité de la zone,
la croissance du capital humain et l’augmentation du
potentiel d'innovation. Ces trois paramètres ont guidé
notre analyse contextuelle. (…)
L’évolution constante qui caractérise les « industries
créatives » en fait un champ particulièrement complexe
à appréhender. La définition des « industries créatives
» varie selon les pays et les cultures et sa
circonscription à des pratiques professionnelles
déterminées reste un sujet de débats. Par ailleurs, on
observe que plusieurs termes employés pour décrire ce
domaine d’activité se bousculent dans la littérature :
on parle d’industries « créatives », d’industries «
culturelles » ou encore de la « production immatérielle
». (…)
La Fondation Hicter finalise le projet Vania dans le
cadre du programme Leonardo da Vinci. Vania part de la
constatation que, dans une Europe en rapide évolution,
le nombre et la proportion de projets de coopération
culturelle est en augmentation constante. Des études
récentes, notamment réalisées par l’Union européenne,
confirment par ailleurs, le fait que le secteur
culturel est non seulement un producteur de sens mais
également un créateur significatif d’emplois. Il est
donc grand temps de s’intéresser à ce secteur
spécifique et lorsqu’on le fait, on est très vite amené
à constater que peu d’opérateurs culturels européens
possèdent les capacités et compétences pour lancer et
gérer ce type de projet complexe. La FMH, avec ses
partenaires : International Intelligence on Culture
(Londres), Cupore (Helsinki) et Evremathia (Athènes),
ont analysé le secteur de la formation à la gestion de
projets de coopération culturelle. Les résultats de ces
recherches seront publiés dans les mois à venir. Une
des formations innovantes sur la pan méthodologique et
qui donne des résultats intéressants du point de vue
des capacités et compétences acquises est, dans ce
cadre, le Diplôme européen de la Fondation, présenté
ci-dessous. (...)
Quand, il y a 50 ans, 6 pays européens ont signé les
Traités de Rome, le mot de « culture » n’y apparaissait
pas. (…) Ce n’est qu’au milieu des années 1970 qu’une «
action culturelle » a commencé à se développer au sein
de la Communauté européenne. Et c’est seulement par le
Traité de Maastricht, en 1992, que la future Union
européenne s’est donné les bases légales pour une
action et des programmes culturels, par l’inclusion de
l’article 128 (aujourd’hui article 151 TTC). Si cet
article a permis l’adoption de différents programmes
culturels (d’abord Kaléidoscope, Ariane et Raphaël,
ensuite Culture 2000, aujourd’hui Programme Culture),
il n’a pas permis la mise en place d’une vraie
politique culturelle européenne, structurante,
notamment à cause de trois raisons. (…) Ce qui semble
nouveau, en tout cas au niveau de la Commission, c’est
une prise de conscience que certains objectifs que
s’est fixé l’UE sont difficilement atteignables sans
intégrer plus systématiquement la dimension culturelle
dans certaines politiques de l’Union : je pense,
notamment, à la stratégie de Lisbonne, à la coopération
au développement, à la politique extérieure, aux
politiques de développement durable. (…)
L’analyse précédente faisait état d’un diagnostic sur
le développement culturel de la région transfrontalière
France-Wallonie-Flandre. Il propose des recommandations
pour un cadre général d’action culturelle
transfrontalière basé sur des mécanismes de gouvernance
et d’incitation. Hors d’un cadre global, tout outil
visant à favoriser des coopérations culturelles
transfrontalières resterait inopérant. (…)
Depuis plusieurs années, le projet européen Lead
encadre par des formations, des rencontres et des
outils d’information, la démarche des opérateurs
culturels de la région transfrontalière
France-Wallonie-Flandre. L’optique des nouvelles
programmations européennes 2007-2013 fait désormais
apparaître la nécessité de mettre à disposition de ces
acteurs, des services d’ingénierie culturelle. Les
partenaires de Lead cherchent à structurer ces services
autour d’une plateforme eurorégionale dont la mise en
œuvre a fait l’objet d’une étude confiée au
Relais-Culture-Europe (RCE) de Paris. Cette analyse
reprend les tendances principales dégagées par le RCE
autour de 3 pôles : les territoires, les opérateurs et
les projets. Elle présente également les principaux
objectifs pour le développement de la coopération
culturelle transfrontalière, qui pourraient être suivis
d’une politique culturelle concertée au niveau de
l’eurorégion. (…)
La principale question de recherche est comment lier la
stratégie de développement urbain et la stratégie de
développement culturel à un moment de changement
rapide, quand l’intensification des influences
culturelles globales sur les changements de valeurs et
les traditions culturelles locales soulève l’importance
des services et abandonne la logique de production et
de fabrication. (...)